Fin de Parcours !
  

Fin de Parcours !

Stockholm, Suède le 23/07/2015

 
Jeudi 23 juillet
Stockholm et fin de parcours

Dernier jour sur la capitale où je choisis d'aller visiter le musée Vasa, dont je ne sais pas du tout de quoi il est constitué, mais je suppose qu'il retrace l'historique de la Suède et de la ville. Je passe par le côté portuaire, semé d'un côte du boulevard par des immeubles style dix huitième, un peu roroco, un peu Deauvillien. De l'autre, de nombreux bateaux, dont certains d'habitation, frottent les quais bercés par de légères vagues. Très bel endroit où se situe le musée : parc arboré de superbes arbres, au bord de l'eau et surement de très belles ballades à faire plus loin. Déjà une bonne queue m'attends dès l'ouverture, à mon départ une heure et demie plus tard, celle-ci s'étant étendue de deux cent mètres. 
Toujours mes groupes de Japonais, drapeau en tête et appareils photos, tablettes et portables en bandoulière. Quelle ne fut pas surprise en entrant dans l'immense salle où trône un vaisseau grandeur nature, posé là comme sortis  de l'eau la veille. Le dix août 1628, le Vasa a pris la mer pour son voyage inaugural et a sombré dans le port de Stockholm. L'épave fut renflouée en 1961 après avoir passé 333 années au fond de la mer. Ce vaisseau est original à 98% et est décoré de superbes sculptures en bois tout autour de l'immense proue. Le fait du Roi Augustus et de ses volontés divines a voulu augmenter en hauteur d'un étage le bateau, et manquant de lest sur le fond, ceci a complètement déstabilisé le navire qui a sombré lamentablement  dès son lancement. 
Le pouvoir était déjà bien aveugle !
La visite valait vraiment la peine et mon ravissement total. Je quitte la foule qui grandit au fur et à mesure que l'heure tourne et m'assieds dehors sur un banc, près d'une entrée de ce qui semble être un lieu dévolu aux enfants. Ce qui me permets d'observer comment les chères petites têtes blondes profitent de la grande mansuétude éducative du système Suédois. J'en vois qui se roulent par terre, qui ne veulent rien entendre de leur cher parent qui cherche à les faire rentrer dans leur palais de jeu, d'autres à qui on cherche à expliquer et  ce qui à mon avis n'est pas du ressort d'une justification adulte indispensable. Bref, ici, l'enfant est plutôt roi, mais c'est aussi un fait mondial aujourd'hui. Que donne comme résultat ces principes de non autorité ?  Je ne sais pas si des enquêtes ont été faites. Quoi qu'il en soit, le Suédois est bien éduqué, respectueux des règles de sa société et très tolérant, si j'en crois ses moeurs sociaux bien en avance par rapport à nous ( mariage gay par exemple). Pour moi, j'ai l'impression que tout cela est un peu trop ordonné, trop propre et idyllique pour que ceci reflète une ouverture d'esprit  complète. 
Je m'interroge, par exemple , sur l'attitude d'un Suédois qui arrive en Inde. Lui habitué à cette propreté, cette organisation et à ce système social si ordonné, qu'en ferait-il de ce capharnaüm total d'une ville comme New -Delhi ? Les Suédois voyagent-t'ils beaucoup ?
J'en reste là de mes réflexions et pense surement à avoir à apprendre de cette façon de vivre. Mais pour moi, à latitude presque égale, je préfère encore les chaleureuses attitudes et franc parler de mes amis Canadiens du Nord. 
Je fais quelques emplettes pour gâter mes proches et retourne boucler mon sac. 
Curieuse fin de parcours, entachée de mauvaises conditions ( je suis assez furieux contre le STF, service touristique de la Laponie, qui aurait pu me dire qu'il existait une carte beaucoup plus détaillée du Sarek que je viens de trouver dans une boutique. ). 
Météo hivernale, matériel encore insuffisamment adapté ( pourtant choisi de bonne qualité), sac excessivement lourd entamant tout de suite ma condition physique, conseils et avis inexistants ou imprécis, et méconnaissance du terrain impossible à évaluer en aval. Je pense que j'aurais du adopter le système de location de voiture, essaimer en étoile à partir des bases de refuge, et attendre de meilleures conditions météorologiques pour attaquer le Sarek. Aucune vidéo visionnée avant mon départ sur des trekkeurs  qui ont emprunté ce parc ne mentionnait un tel temps pourri avec autant de neige en juillet. Pas de chance !
Mais comme dit Nicolas Bouvier :
Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu'au jour où, pas trop sûr de soi, on s'en va pour de bon. Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait."
Celui là, ...  .

Merci d'avoir lu ces impressions, pensées et routes égarées qui nous ramènent toujours à l'essentiel de nous même. Cet être inconnu qui nous accompagne sur le chemin de la vie mérite les détours et les incertitudes du moment. Il nous reste à en deviner les riches enseignements que l'on peut en tirer, afin d'ouvrir d'autres routes vers ce qui nous reste à découvrir, et apprendre  encore un peu de cette merveilleuse terre. 

Paul Maudonnet
Été 2015
Suède

 

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